Alexandra, c'est ainsi qu'elle se nomme pour assouvir sa passion des femmes, mène une vie tranquille de femme de diplomate installée dans la campagne reculée d'une province sans histoires. Mais les amours féminines ne sont pas au goût du jour en ce début de vingtième siècle. Toute femme de bonne éducation qui se respecte se doit d'aimer son époux et de tenir sa demeure. Celle qui a du "goût pour son genre" ne saurait vivre ses pulsions à la vue de tous. A fortiori lorsque son époux brigue un mandat politique. Qu'importe ! Ses amours seront retranscrit dans des petits carnets, comme pour revivre cette attirance assoiffée du genre féminin.

C'est ainsi qu'Alexandra coucha sur la papier le cours de ses amours décousues, de ses envies. Le jeu de ses manigances pour vivre ce désir inassouvi qu'elle sent poindre en son sein à la vue d'une femme - ou d'une simple fille de ferme. Un geste, un sourire, une audace suffisent à éveiller le désir d'Alexandra qui, de jour en jour, de conquête en conquête, s'enhardit et devient des plus téméraire dans sa quête de l'amour charnel.

Sans pudeur ni faux semblants, Alexandra livre dans ses carnets ses expériences sexuelles, les stratégies qu'elle met en place pour réaliser ses envies et les doutes qui l'assaillent quand, prise de remord, elle essaie de refréner ses ardeurs.

Un roman à la première personne qui se lit comme les confidences intimes d'une femme avide de plaisirs mais où les nobles sentiments n'ont pas disparus pour autant. Parfois crue dans ses propos, la narratrice n'en est que plus attachante dans ses tourments sexuels et ses découvertes des plaisirs charnels.

Les carnets d'Alexandra est sorti en Livre de poche en février 2011.

Dominique Simon, Les carnets d'Alexandra, 1907-1908, Editions Pauvert, 2010.